En plein échec professionnel et sentimental, Ben, qui se rêvait comique à New york, est de retour à Paris. Il rencontre Alex, présentateur-vedette du Breakfast-club, le Morning star de la radio. Avec Cyril, un quadra mal assumé, et Arnold, le leader charismatique de la bande, ils font la pluie et le beau temps sur Blast FM. Très vite Ben est engagé : il écrira pour eux. Alors qu’il a à peine rejoint l’équipe, un raz-de-marée frappe de plein fouet la station : l’audience du Breakfast est en chute libre. C’est en bus qu’ils sillonneront les routes de France pour rencontrer et reconquérir leur public. Pour ces Parisiens arrogants, de ce road trip radiophonique naîtra un véritable parcours initiatique qui bousculera leurs certitudes.
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QUESTION AUX ACTEURS
Comment définiriez-vous votre personnage ?
MANU PAYET: C’est quelqu’un qui va évoluer au fil du film. Au départ, il fait donc partie de cette équipe de radio qui cartonne mais il ne dit finalement pas grand chose à l’antenne. Sans doute parce que le personnage d’Arnold craint que ceux qui travaillent à ses côtés s’émancipent trop ou veuillent prendre sa place. Et puis, grâce à un texte que lui confie Ben, il va basculer vers autre chose, prendre de l’assurance et finir par suivre sa propre voie, vers le stand up. Alex me ressemble par certains aspects : par l’amour qu’il porte à sa petite sœur ou sa manière d’être pendant les émissions. J’ai connu ces moments où je ne parlais pas parce que j’avais l’impression de ne pas avoir le temps et de devoir m’effacer devant des personnalités plus volubiles comme Arnold. Sans doute car je ne me sentais ni à ma place ni légitime. Enfin, le dernier point où Alex est proche de moi, c’est que dans la vraie vie, Romain m’a aussi poussé à me prendre en main et à quitter la radio pour aller faire du one man show.
CLOVIS CORNILLAC: Pour moi, un film de groupe trouve son charme et sa force dans l’accumulation de caractères emblématiques et de positions prédéfinies des différents personnages dont il ne faut pas trop déroger au fil de l’intrigue. En tant que spectateur, tu prends un plaisir dingue devant un certain nombre de rendez-vous obligés où tu veux justement voir les personnages réagir en fonction de ce que tu sais d’eux. Chaque person- nage doit donc être à la fois vivant et emblématique de quelque chose. Et Arnold obéit directement à cette logique. Sa vie, c’est son émission de radio. Il ne pense qu’à ça. C’est ce qui explique d’ailleurs son caractère de solitaire très grande gueule. Certains pourront sans doute voir Arnold comme un homme de pouvoir puisqu’il est à la tête de cette bande d’ani- mateurs. Mais de mon côté, je l’ai imaginé un peu plus rock’n’roll que ça. Si sa seule quête avait été le pouvoir, il se serait battu pour devenir le patron de la radio, par exemple. Or ça ne l’intéresse pas. Je le vois comme un capitaine d’un petit bateau qui n’a pas envie qu’on lui enlève son bateau. Et vit donc dans l’angoisse de cette perte mais sans aucune envie de racheter tout le port !
DOUGLAS ATTAL: C’est un jeune homme qui, au départ, est dans l’échec et a donc perdu toute confiance en lui puisqu’il a été incapable de percer dans le stand up aux États-Unis comme il l’ambitionnait. Sans compter qu’il vient de se faire parallèlement larguer par sa petite amie. Il se situe en fait exactement à l’inverse de l’image très positive que lui renvoie son père et cela ne fait que rajouter à sa déprime. Mais sa rencontre avec un groupe d’animateurs radio va lui permettre de trouver un équilibre entre ce que son père estime qu’il est et ce que lui estime être.
PASCAL DEMOLON: C’est un type à un carrefour de sa vie. Arrivé à un certain âge, il se demande s’il n’a pas raté un certain nombre de choses par rapport à ses rêves. Il s’accroche à sa jeunesse et veut montrer à sa bande de potes qu’il n’a pas dit son dernier mot. Il a la hantise de paraître ringard. Mais, en même temps, il va se révéler à lui-même quand il va être confronté à une nouvelle inattendue qui le concerne intimement.
BENJAMIN LAVERNHE: J’ai eu la chance d’être choisi pour quelque chose a priori loin de ce que je suis dans la vie et de ce que je peux dégager. Je pouvais donc aller vers un vrai travail de composition. Et j’ai d’abord cherché la manière dont ce personnage marche et se tient. J’ai voulu par exemple avoir en permanence une raideur de la nuque. Et j’ai surtout essayé de tenir ce personnage de bout en bout, alors que le tournage ne se fait pas dans l’ordre précis du scénario. C’est un travail qu’on n’a pas du tout l’occasion de faire au théâtre et qui était donc passionnant à effectuer.
CÔME LEVIN: Il fonctionne en binôme avec celui de Smiters que joue Benjamin Lavernhe : ce sont un peu les outsiders du film, présents en satellite de l’action principale. Et avant le tournage, je m’étais imaginé le passé de ce Jérémy. Pour moi, il s’est retrouvé dans cette radio car ses parents sont amis avec quelqu’un qui y travaille. Ce qui lui donne son côté très à l’aise et cette impression qu’il dégage d’être en vacances. Il a une légè- reté car il n’est en fait impliqué en rien dans tout ce qui arrive à cette bande d’animateurs. Il se retrouve embarqué dans cette aventure et est très heureux de l’être car sinon il serait sans doute chez lui à s’ennuyer. Il a pour la première fois de sa vie l’occasion de faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire.
ZITA HANROT: Romain m’a expliqué que Jennifer était en partie inspirée de sa copine. Je ne l’ai pas rencontrée avant le tournage mais le jour où elle est venue sur le plateau, je l’ai beaucoup observée ! (rires) Je dirais que Jennifer est un petit animal sauvage qui se fiche de l’avis des autres et peut sauter à la gorge de n’importe qui tout en étant très douce la minute suivante. Elle a la façon de parler d’une adolescente assez nonchalante. Ce personnage m’est en tout cas apparu très accessible et j’ai pu m’y glisser assez simplement. Notamment dès que j’ai pu porter ses costumes – des habits un peu trop grands pour elle – qui m’ont permis de trouver sa démarche avant qu’elle ne devienne un peu plus femme au fur et à mesure de l’intrigue.
ENTRETIEN AVEC ROMAIN LEVY ET MATHIEU OULLION
Comment est né RADIOSTARS ?
Romain Levy : De mon désir de me lancer dans un projet que je réaliserais pour aller cette fois-ci au bout de mes idées. Et, avec Mathieu, j’ai tout de suite eu envie de raconter une histoire d’amitié à partir d’un mec, Ben, à qui on met beaucoup de pression pour être dans la lumière sans qu’il en ait un vrai désir. Il a ensuite fallu trouver l’univers dans lequel la développer. Et très vite nous est venue l’idée de la radio.
Mathieu Oullion: Car c’est là qu’on s’est rencontrés avec Manu et Romain, il y a plusieurs années. Et que notre bande de potes est née.
R.L. : C’est un bon cadre car il peut à la fois exister de l’amitié et de la compétition à l’intérieur d’une bande d’animateurs. Il ne s’agissait pas pour autant de faire un portrait cinglant de ce media. Mais il était important de le dépeindre correctement. Car si le spectateur n’y croit pas, il n’y a aucune raison qu’il croie plus à l’histoire qu’on développe.
M.O. : Dans notre première version du scénario, on rentrait d’ailleurs énormément dans les détails du quotidien de la radio : le rapport avec les auditeurs, le désagrément du réveil très matinal obligatoire..R.L. : Mais le road movie a pris de plus en plus de place au fil des versions. Et on a finalement sorti assez vite nos personnages du studio.
Ce film est donc pour une large part autobiographique ?
M.O.: Oui, on a construit l’histoire autour d’anecdotes qui nous sont arrivées. Le personnage de Ben est ainsi directement inspiré par le parcours de Romain qui, comme lui, a débarqué comme auteur dans la bande que nous formions à la radio. Et celui d’Alex raconte, à sa manière, le parcours de Manu Payet qui l’interprète et qui a su à un moment quitter la radio pour monter sur scène avec le succès qu’on sait.
R.L.: C’est vrai que, comme Ben, j’avais essayé de tenter ma chance aux États-Unis sans rencontrer le succès dont je rêvais. Comme lui, encore, je suis donc rentré en France avec cette haine de moi et ce malaise de ne pas avoir été à la hauteur des aspirations de ma famille. Et j’y ai assez vite vu un excellent point de départ pour un film. Car on parle peu des personnages qui ont connu leur premier échec à 25 ans.
Mais au-delà de mon propre parcours, on a surtout nourri RADIOSTARS de tout ce qu’on a vécu en travaillant ensemble à la radio : cette hiérarchisation entre les membres de la bande, ce besoin de se balancer des vannes au lieu de se parler directement, cette suffisance dont on n’a pas conscience sur le moment…
Comment écrivez-vous ensemble?
M.O.: C’est assez simple de travailler avec Romain car il sait exactement ce qu’il veut. Pour ma part, j’ai pu lui apporter ma plus grande expérience de la radio où j’ai bossé pendant 10 ans avec Manu dans le morning le plus écouté de l’époque. Mais c’est parce qu’il savait exactement où il voulait aller que j’ai pu m’inscrire parfaitement dans le cadre qu’il avait fixé et le nourrir le plus efficacement possible. Notre principe d’écriture était simple: tant que nous n’étions pas tombés d’accord, c’est que nous n’avions pas la solution.
R.L.: Mathieu était mon garde-fou auquel je faisais une totale confiance.
Pourquoi avoir souhaité aller vers Les Productions du Trésor?
R.L. : Parce que je savais intuitivement qu’avec eux la déperdition allait être minime entre ce que je voulais faire et ce qu’ils allaient me laisser faire parce qu’ils auraient compris mes intentions. Et le premier retour sur le scénario d’Alain Attal m’a conforté dans mon intuition: on était sur la même longueur d’ondes. Les scènes qu’il aimait le plus étaient nos préférées et celles sur lesquelles il nous mettait en garde correspondaient aux moments qu’on trouvait les plus faibles. Et on s’est retrouvés sur ce besoin permanent de réalisme.
Ce souci de réalisme permet aussi à ce film de s’inscrire pleinement dans son époque.
Cet aspect était important pour vous?
R.L. : J’ai bien sûr envie de faire rire mais aussi de parler de notre époque via des personnages qu’on peut facilement identifier sur la cartographie de la société d’aujourd’hui. Notre ambition était avant tout de montrer ce métissage culturel qui constitue la jeunesse d’aujourd’hui et dans lequel ma génération a grandi à l’école. Certains trouveront cette France un peu idéalisée mais c’est celle que j’avais envie de donner à voir.
On sent aussi dans RADIOSTARS le désir de mêler rires et tendresse, le tout avec un ton souvent très grinçant…
R.L. : Dans ce genre de films de potes, pour faire passer des moments d’émotion, il me paraît indispensable d’avoir montré en amont la violence des rapports qui existent entre les différents protagonistes. Et ce pour qu’au moment où ils laissent leur masculinité de côté, l’émotion ne bascule pas dans la guimauve.
Vous n’hésitez pas non plus à nourrir votre récit de répliques politiquement très incor- rectes. Vous étiez-vous fixés des limites à ce sujet ?
R.L. : Vous voulez parler de «Tu vas venger 6 millions de Juifs avec ta bite» lancé par Alex à Ben alors que ce dernier s’apprête à coucher avec une jeune blonde qui a passé la soirée à tenir des propos antisé- mites ? (rires) Pour savoir si je pouvais faire tenir de tels propos à un de mes personnages, j’ai fait comme Michel Hazanavicius : j’ai demandé à ma mère si cela ne la choquait pas ! (rires) Et comme elle m’a dit que non, on l’a gardé. Sur ce sujet, notre principe était très simple avec Mathieu. Si l’un d’entre nous était choqué par l’idée que l’autre venait de trouver, il fallait absolument la garder !
Quelles références cinématographiques ont nourri l’écriture de RADIOSTARS?
R.L.: Tout d’abord, je dois reconnaître honnêtement que sans PRESQUE CÉLÈBRE de Cameron Crowe, RADIOSTARS n’existerait pas. Cette filiation est évidente.
M.O. : C’est d’ailleurs le premier film qu’on a revu quand on a com- mencé à écrire.
R.L.: Mais ça n’a pas été la seule source d’inspiration. Pour les scènes du retour de Ben des États-Unis, j’avais l’atmosphère du LAURÉAT en tête. Et comme je suis un inconditionnel de Judd Apatow, j’espère avoir réussi à obtenir la même liberté de ton que dans ses films. Et puis, j’ai évidemment regardé énormément de films de radio : TALK RADIO d’Oliver Stone, PUMP UP THE VOLUME ou celui que je considère comme le meilleur : GOOD MORNING VIETNAM.
Vous n’aviez aucune référence française?
R.L.: Si. Pour les réflexions très anti-provinciales lâchées par Arnold, je me suis inspiré de tout cet humour français qui naît de la méchanceté vis-à-vis des petites gens. Celui qui a nourri la plupart des grands films de De Funès. Je ne prétends pas avoir réalisé une comédie à l’italienne mais je tenais à cette réalité sociale, dont, pour le coup le cinéma américain de studio est totalement déconnecté.
Comment a réagi votre ami Manu Payet quand vous lui avez proposé le rôle d’Alex?
R.L.: On a écrit ce film sans jamais lui en parler. Il savait juste qu’on travaillait sur un scénario mais sans connaître le sujet. Et puis, quand on s’est sentis prêts, on lui a donné une première version.
M.O. : C’était un moment forcément angoissant pour nous. Car au- delà d’être notre ami, Manu connaît par cœur une partie des histoires qu’on raconte ici et on ne savait pas comment il allait recevoir tout ça. Et le fait qu’il l’ait aimé nous a vraiment enlevé une grosse pression.
Pourquoi avez-vous fait appel à Clovis Cornillac pour jouer Arnold, le chef de cette bande d’animateurs?
R.L.: En fait, je n’ai pas pensé à lui tout de suite. Car comme je souhaitais que flotte sur ce film un parfum de jeunesse, on avait a priori décidé de ne réunir que des acteurs qu’on n’avait pas ou peu vus, à l’exception évidente de Manu. On a dû auditionner 80 comédiens pour le rôle d’Arnold. Et puis, un jour, alors que j’allais envoyer à Clovis le scénario pour voir s’il accepterait de jouer le patron de la radio (incarné finale- ment par Laurent Bateau), je l’ai appelé pour qu’il le lise aussi en pensant à Arnold. Deux heures plus tard, il m’a rappelé pour me dire qu’il était partant. Et il m’a fait un cadeau magnifique. Parce qu’à mes yeux, Clovis incarne la France et apporte à RADIOSTARS un parfum de réalisme social.
Pour les autres comédiens, vous vous êtes tenus à votre principe de réunir des visages moins connus. À commencer par le fils de votre producteur, Douglas Attal, qui joue Ben et qui fait ses débuts à l’écran.
Qu’est ce qui vous a décidé à le choisir lui?
R.L. : Là encore, j’ai dû auditionner plus de 150 comédiens pour le rôle de Ben et mis des annonces dans des synagogues, des restaurants casher… C’est très difficile de trouver un comédien qui ait la tête d’un juif new-yorkais, mignon, assez fragile et qui soit capable, au niveau du jeu, de prendre son essor au fur et à mesure de l’intrigue. Et ce d’au- tant plus qu’il était indispensable à mes yeux que l’interprète de Ben soit inconnu pour pouvoir démarrer le film sur un visage qui ne dirait rien au public. Et j’avais beau chercher, je ne trouvais pas. Mais quand Alain m’a présenté son fils dans les couloirs de la production, son physique m’avait fait tiquer… sans penser pour autant à lui confier un rôle puisqu’il est réalisateur et n’a aucune velléité d’acteur. Mais je l’avais gardé dans un coin de ma tête. Alors, j’ai voulu en avoir le cœur net et lui ai demandé de passer des essais. Douglas m’a d’abord dit non et j’ai dû revenir à la charge cinq fois pour le convaincre. Quand il est venu auditionner, j’avais caché à ma directrice de casting qu’il s’agissait du fils d’Alain. Et sa prestation a été à la fois très juste et très fragile. J’étais alors persuadé d’avoir trouvé mon Ben. Il ne me restait plus qu’à l’annoncer à Alain qui m’a évidemment expliqué que c’était impossible. Et puis, je lui ai montré les essais et il a été à son tour convaincu.
Comment avez-vous formé le reste de la bande ?
R.L. : Smiters est incarné par Benjamin Lavernhe qui a eu le premier Prix de Conservatoire et travaille régulièrement avec Olivier Py. Donc très loin de ce qu’il joue dans le film. (rires) C’est son intelligence qui m’a frappé dans les essais. Il était capable d’une bascule immédiate entre comédie et tristesse. Et il forme un duo parfait avec Côme Levin qui joue son complice, Jérémy. Ce sont les deux souffre-douleur de la bande. Là encore, les essais de Côme ont été bluffants notamment dans sa manière de jouer le bégaiement. C’est aussi sur casting que j’ai choisi Ana Girardot (pour la petite amie d’Alex) et Zita Hanrot qui a appris le même jour qu’elle jouait dans RADIOSTARS et qu’elle était admise au Conservatoire !
Pour compléter cette joyeuse bande, on retrouve Pascal Demolon, peu vu jusqu’ici dans le registre de la comédie.
Comment avez- vous eu l’idée de lui confier le rôle de Cyril?
R.L.: Le personnage de Cyril est particulier, fruit d’un humour belge, sorte de cousin du Jacques Brel de L’AVENTURE C’EST L’AVENTURE. Car je tenais à ce que toutes les typologies de comédie puissent être représentées dans RADIOSTARS: l’humour à l’américaine incarné par Manu, l’humour à la française via Clovis et donc l’humour des comédies
belges avec ce côté poétique et perché. Ce sont Géraldine Nakache et Manu qui m’ont parlé de Pascal et m’ont incité à le rencontrer. J’ai pris rendez-vous avec lui et j’ai vu arriver Pierre Richard ! Par sa tenue et ses gestes, il était d’emblée le rôle ! Les essais l’ont confirmé.
Vous vous êtes senti à l’aise dans la direction d’acteurs pour votre premier passage derrière la caméra?
R.L. : On a répété en amont mais assez peu pour éviter de perdre une certaine fraîcheur. Je voulais avant tout que mes comédiens se détachent du texte pour que celui-ci soit parlé et pas joué ou récité. Pour le reste, je suis persuadé que tout se joue au casting. Car je ne suis pas assez retors pour ensuite manipuler et déstabiliser afin d’obtenir le résultat que je souhaite.
Comment avez-vous recruté votre équipe technique ?
R.L. : Je souhaitais que les chefs de poste de l’équipe technique aient mon âge et celui du film. Pour qu’ils puissent être sur la même longueur d’onde que moi et faire le maximum de propositions. J’ai aussi souhaité des chefs de poste qui n’ont pas l’habitude de travailler sur des comédies. Ainsi, Laurent Tangy, mon directeur de la photo a été celui d’ET SOUDAIN, TOUT LE MONDE ME MANQUE. Je me doutais qu’il allait proposer une lumière singulière. J’ai parlé avec lui de mes réfé- rences comme Vilmos Zsigmond : des lumières composées par petites touches et non par un éclairage direct qui oblige le réalisateur à ne filmer que sur un seul axe. Il y avait chez moi une volonté de fabrication qui lorgne vers l’artisanat. Et cet esprit se retrouve aussi dans la déco avec Nicolas de Boiscullié qui a travaillé sur POLISSE et a amené le réalisme que je recherchais, ainsi que dans les costumes de Paulette Ribot, qui collabore habituellement avec Virginie Montel dans tous les films d’Audiard et qui a su me calmer dans mes envies pop.
Quels étaient vos principes de mise en scène sur ce tournage?
R.L.: Le principe de base était simple: je voulais que la camé- ra soit toujours à l’endroit le plus juste pour filmer la situation, sans aucune autre contrainte. Et je souhaitais éviter au maximum l’emploi de plans fixes qui auraient figé la dynamique. J’ai donc opté pour un tournage caméra à l’épaule mais en se comportant comme si celle-ci était fixe.
Est-ce que le film a beaucoup été modifié au montage ?
R.L. : On a là encore choisi comme monteur quelqu’un qui n’avait jamais monté de long métrage. J’en avais vu des plus chevronnés sur- tout dans le domaine de la comédie mais aucun n’avait l’âge du film. Or je le répète, il était pour moi essentiel pour la compréhension de l’ensemble qu’on soit tous de la même génération. Et avant de commencer à travailler ensemble, je lui ai demandé de regarder quelques films comme I LOVE YOU MAN pour lui donner une idée de la fluidité et de l’efficacité que je souhaitais, et qu’on a, j’espère,obtenue.
Avec:
- Manu Payet (Alex)
- Clovis Cornillac (Arnold)
- Douglas Attal (Ben)
- Pascal Demolon (Cyril)
- Benjamin Laverhne (Smiters)
- Côme Levin (Jérémy)
- Zita hanrot (Jennifer)
- Sam Karmann (J.R. Jablonski)
- Jacky Ido (Léonard De Vitry)
- Ana Girardot (Sabrina)
- Laurent Bateau (Frédérico)



