Le 30 juillet 2012

On les attendait avec impatience, ils sont là. On ne peut pas les ignorer. Dès que l’on parcourt les rues de la ville, de grandes affiches nous incitent à entrer : cinquante pour cent de remise, soixante pour cent, soixante dix ! Qui dit mieux ?  Deux t-shirts pour trois euros. Ils ne vont pas jusqu‘à nous les donner, mais presque.  Malgré tout, vous pouvez faire confiance aux commerçants, ils se gardent une marge. Tout ça pour dire que si vous achetez en temps normal, vous vous faites bien avoir, à payer aussi cher.

Malgré toutes ces remises alléchantes, il n’y a pas foule dans les magasins. Peut-être est-ce la faute au mauvais temps, ou du manque d’argent des vacanciers, qui regardent le contenu de leur porte-monnaie fondre dangereusement.

Je fais partie des privilégiées qui peuvent s’offrir quelques vêtements à ces prix avantageux. Mais je le regrette souvent.

Une fois rentrée  à la maison, en lisant les étiquettes avec mes lunettes, je réalise que ce mignon chemisier doit être nettoyé au pressing, ce qui va doubler son prix au bout de quelque temps, que mes jolis t-shirts à trois euros doivent être lavés séparément, et que la fermeture éclair du petit pantalon corsaire qui me va si bien donne des signes de faiblesse. Le zip se prend dans le tissu  à chaque passage. Au bout de quelque temps, c’est sûr, ça va coincer.

Je sens que s’inscrit en gros sur mon front  le mot: « pigeon ».

Mais je me dis que pour le prix que j’ai payé, même si je les porte quatre ou cinq fois, j’aurai amorti la dépense.

Quant aux jolies petites sandales d’été, après les avoir portées quelques heures, elles me font un mal de chien.  La bride me coupe la peau en frottant dessus. Le problème, avec les chaussures, c’est que, quand vous les essayez dans le magasin, vous faites trois pas, ça va toujours. Mais lorsqu’il faut marcher avec toute une journée, ce n’est plus pareil. On devrait avoir le droit de rapporter les chaussures après  les avoir usées  pendant plusieurs heures.

Toutes ces emplettes vont grossir le contenu de mon placard que j’ai déjà bien du mal à fermer.

Et aux prochains soldes, c’est sûr, j’y retournerai, en essayant de ne pas me faire avoir.

Flore Patou