Course du Mont Blanc

   

JP Rob est passionné par les voyages et très sportif. Ses périples lui ont permis de découvrir le Pérou, la Bolivie et BaseCamp Everest. Ce dernier voyage sera d’ailleurs évoqué sur le site dans un prochain article. Spécialisé depuis plusieurs années dans les treks de haute montagne, JP ROB nous fait partager la magie du Mont Blanc.

Nous avons privilégié le mois de juin car les journées sont plus longues et l’ensoleillement plus sur , et surtout l’affluence est bien moindre qu’en juillet ou août.
Nous sommes partis des Contamines, situé à 1164 mètres d’altitude et dominé par de nombreux sommets, pour un stage d’alpinisme et de marche sur glacier avec des crampons et surtout en cordées
Première étape,  le refuge de Tré La Tête situé au sud du massif du Mont-Blanc et au cœur de la réserve naturelle des Contamines Montjoie; nous allons y passer la nuit puis escalader le glacier du même nom le lendemain matin.
Apres une demi heure,  nous arrivons au pied du glacier et nous nous équipons avec les piolets et les crampons. Nous partons en cordée, la pente est rude, mais le paysage est fantastique
Nous avons une priorité à ne jamais négliger: le danger et nous devons  notamment faire très attention ou l’on met les pieds, les crevasses sont parfois invisibles et imprévisibles…
En fin de journée nous arrivons au refuge des Conscrits, au-dessus de la rive droite du glacier de Tré La Tête. Nous y  passerons la nuit ici afin d’attaquer le lendemain le col de La Bérengère  3348m.
L’ascension se fait dans le brouillard ce qui complique un peu la recherche de la voie à prendre . La pente est raide mais malgré le temps une superbe ambiance surnaturelle domine notre parcours
Nous redescendons via le refuge du Tré-La-Tête  afin d’y prendre un repas réparateur et retourner aux Contamines pur une journée de « repos ».  A vrai  dire nous n’avons  pas pu nous empêcher de marcher toute la journée  car le lendemain nous partons pour notre grand rendez-vous avec le Mont Blanc.
A  St Gervais nous prenons le célèbre TMB, Tramway du Mont Blanc, le train à crémaillère le plus haut de France qui permet d’accéder en toute sécurité aux portes de la haute montagne.
Le terminus, le Nid d’Aigle, 2380m est situé situé sur la voie normale d’ascension du Mont-Blanc, devant le glacier de Bionnassay .
Sac a dos sur nos épaules, nous prenons la direction du refuge du Goûter 3817m et arrivons au pied du col. Nous nous équipons cette fois-ci avec les casques car il va nous falloir passer le « couloir de la mort ». Eviter de faire tomber des pierres dans ce passage est essentiel pour les autres alpinistes, ceux qui sont en dessous. Ne riez pas, a peine partis une roche se décroche et passe suffisamment vite pour nous arracher un pied ou pire. Nous étions tout de suite dans l’ambiance.
La montée ne se fait pas sans peine et nous confirme pourquoi il était important que nous nous préparions physiquement pendant des mois. Nous sommes en binôme, encordés  et casqués, piolets a la main.  La pente est rude et notre souffle soutenu. La difficulté est vite oubliée tellement le site est empreint de beauté.
Arrivé au refuge il est conseillé de se reposer avant de manger car le lendemain nous repartons à 3h du mat. La nuit est courte mais dans un refuge de haute montagne il ne faut pas espérer faire une cure de sommeil.
Après avoir allumés les lampes frontales nous entamons notre parcours sous un ciel magnifiquement étoilé. Nous avons de la chance car ici le climat change très vite.  D’ailleurs la veille, nous étions parti sous le soleil et les nuages venant de la vallée nous avaient rattrapés.
A 3h du matin, partir avec un gros dénivelé, ça réveille brutalement je vous l’assure. Le souffle est difficile et  les jambes sont lourdes, souffrant de tous les efforts consentis ces derniers temps.
Au fur et a mesure de notre ascension le jour se lève et la magie opère. On y est. La fatigue disparaît et laisse place à l’émerveillement. Nous devons passer sous des séracs, qui , l’année précédente avaient emportés 21 personnes. Nous respirons un grand coup et nous y allons…
La course du Mont Blanc est ainsi nommée parce que l’on court après le temps a cause du climat qui change très vite en haute montagne et qui peut nous faire rebrousser chemin voire même ne pas partir.
Nous l’aurions vraiment regretté. A ce moment notre horizon visuel porte à merveille son nom de courbure terrestre et le paysage est somptueux.
Vous aussi vous pouvez partager les mêmes émotions et je vous y encourage vivement.
Avec un bon entraînement physique….