La mort de Louis XIV

   

Août 1715. À son retour de promenade, Louis XIV ressent une vive douleur à la jambe.
Les jours suivants, le Roi poursuit ses obligations mais ses nuits sont agitées, la fièvre le gagne.
Il se nourrit peu et s’affaiblit de plus en plus.
C’est le début de la lente agonie du plus grand Roi de France, entouré de ses fidèles et de ses médecins.

Sortie dans les salles le 2 novembre 2016

Un film de Albert Serra
Avec Jean-Pierre Léaud,Patrick d’Assumçao, Marc Susini, Irène Silvagni, Bernard Belin, Jacques Henric

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L’agonie de Louis XIV commence le 9 août 1715 et dure jusqu’au 1er septembre. Elle signe la fin d’un règne personnel de 72 ans, le plus long de l’Histoire de France. Le Journal de la Santé du Roi tenu par ses médecins successifs révèle un homme à la santé fragile qui manque plusieurs fois de mourir : de la petite vérole à cinq ans, d’une fièvre maligne à trente-cinq, d’une fistule à quarante-cinq, et d’un diabète avec gangrène à soixante-dix. En 1715, au mois d’août, Louis XIV est cette fois atteint d’une embolie à la jambe liée à une arythmie cardiaque, qui va provoquer l’apparition de la gangrène.
9 août
Le Roi revient de la Chasse à Marly très abattu. Il se plaint le lendemain d’une douleur à la jambe gauche. Son médecin Fagon diagnostique une sciatique et prescrit des pansements à l’eau-de-vie camphrée et des bains de lait d’ânesse. Les jours suivants, le Roi travaille en dépit de ses douleurs mais ses nuits sont agitées, il se nourrit de moins en moins et paraît affaibli.
16 août
Au cours d’une réception, il apparaît en public visiblement épuisé. Il refuse que les médecins le veillent dans sa chambre. Le lendemain il semble aller mieux et donne audience, puis travaille. Mais le soir venu la fièvre redouble et Fagon interdit dès lors ses déplacements à Paris. La maladie du Roi commence à être connue de la Cour, certains courtisans se détachant de lui pour se rapprocher du futur Régent, le Duc d’Orléans.
20 août
L’état de Louis XIV s’aggrave soudainement, mais la famille Royale ment au public et laisse circuler des nouvelles optimistes sur son état de santé.
21 août
Le Roi accepte la consultation collective de quatre docteurs issus de la faculté de médecine de Paris. Ces derniers vont confirmer le diagnostic de Fagon, alors même que la fièvre consume le Roi et que sa jambe présente des tâches noires. Le traitement, complété par des lavements fréquents, reste donc sans effet.
24 août
Le premier chirurgien Georges Mareschal fait des incisions dans la jambe et annonce au souverain qu’il est atteint d’une forme de gangrène contre laquelle la seule option est d’amputer le membre. Le Roi décide de refuser l’amputation, et dès lors œuvre à la mise en scène de sa mort en bon chrétien. Le jour même, il se confesse au père Le Tellier qui ne quittera plus son chevet.
25 août
Jour de la fête de Saint Louis, il tient à ce que l’étiquette soit respectée et assiste au concert que les tambours, hautbois et violons donnent sous ses fenêtres. Pour préparer son testament, il reçoit Mme de Maintenon et le Duc du Maine qui lui font signer un codicille par lequel la charge de toute sa maison civile et militaire est transmise au Duc. Le Roi reçoit ensuite le viatique et l’extrême-onction du Grand Aumônier de France, le Cardinal de Rohan, avant de laisser défiler les courtisans devant son lit pour des hommages.
26 août
Louis XIV nomme le Maréchal de Villeroy gouverneur de son arrière-petit- ls, le Dauphin et futur Roi Louis XV. Il fait ensuite ses dernières recommandations à ce dernier, en lui préconisant de ne pas imiter son goût pour les bâtiments coûteux, de soulager la misère du peuple et de vivre en paix avec ses voisins. Il lui dit notamment cette phrase restée célèbre : « Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours ».
28 août
Plusieurs charlatans se proposent de sauver la vie du Roi, en particulier un marseillais du nom de Brun qui lui donne quelques gouttes de ce qu’il présente comme un élixir « fabriqué avec le corps d’un animal ». Son remède semble faire effet un court instant, mais dès le soir la gangrène a de nouveau progressé et l’état du Roi empire.
30 et 31 août
Le Roi sombre dans un semi-coma. L’enflure de la gangrène est montée jusqu’à la hanche, et ses deux jambes sont complètement noires.
1er septembre
Il meurt à huit heures et quart du matin. Son corps est autopsié, puis ses entrailles sont portées à la Cathédrale de Notre-Dame dans un de ses carrosses, par deux aumôniers du Roi. Conformément à ses dernières volontés, son cœur est ensuite remis au supérieur des Jésuites de la rue Saint-Antoine, où se trouvait aussi celui de Louis XIII. Les restes de son corps sont embaumés avant sa présentation pour des hommages, et le 9 septembre il est enterré en la Basilique de Saint-Denis.