Le cancer de la prostate concerne environ 300 000 hommes en France, avec environ 71 500 nouveaux cas chaque année. C’est le cancer le plus fréquent, en France : il touche un homme sur six entre 60 et 79 ans.
En ce jeudi 15 septembre, l’Association Française d’Urologie organise la journée nationale de la prostate.
Le cancer de la prostate est la deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme, la première, après 50 ans.
Une amélioration qui tient aux progrès du diagnostic et de la prise en charge :
Aujourd’hui, nombre de tumeurs sont découvertes à un stade précoce, lorsque la maladie demeure localisée, alors qu’il y a 20 ans, nombre de cancers éaient diagnostiqués à un stade métastatique, ne laissant guère de chance de guérison.
Les moyens diagnostiques, les progrès de l’imagerie et les traitements, de plus en plus précis et ciblés, permettent de proposer à chaque patient une prise en charge spécifiquement adaptée, en fonction de son âge, des caractéristiques de sa tumeur et de ses choix de vie.
La mise en œuvre d’une prise en charge sur mesure, allant de la simple surveillance au traitement curatif discutée lors des réunions de concertations pluridisciplinaires.
Dans la plupart des cas, le cancer de la prostate évolue lentement, entre 10 et 15 ans, il ne s’agit pas de traiter tous les patients, mais ceux dont le pronostic vital est engagé : chez les patients les plus jeunes (moins de 70 ans), le risque d’évolution du cancer sera plus important et l’on pourra être amené à proposer des prises en charge curatives ; en revanche, chez les hommes de plus de 70 ans, le cancer présentera beaucoup moins de risque d’affecter l’espérance de vie.
La stratégie de prise en charge est discutée par une équipe qui réunit urologues, oncologues médicaux, oncologues radiothérapeutes, personnel paramédical. L’objectif est de proposer une solution sur mesure qui tienne compte du risque encouru par le patient, non seulement en fonction de son âge, mais aussi de ses antécédents médicaux (l’histoire médicale personnelle et familiale du patient), de l’avancement du cancer et de la nature de la tumeur, afin d’éviter :
En fonction de la nature de la tumeur, de l’avancement du cancer, de l’âge du patient, de son état général, de l’existence de symptômes et de ses choix de vie, l’équipe pluridisciplinaire proposera :
L’âge médian de la découverte du cancer de la prostate est 70 ans.
C’est-à-dire que le diagnostic est posé:
Avec la répartition par âge suivante :
Les échanges entre les différentes professions médicales, paramédicales et le patient, sont un gage de succès du suivi. L’Association Française d’Urologie souhaite, à travers cette 7éme Journée Nationale de la Prostate, donner des clés aux patients et à leurs proches afin de faciliter le parcours de soins.
Les chiffres importants..
Questions de patients.
.J’ai du mal à uriner, ce symptôme peut-il révéler un cancer de la prostate ?
Le cancer de la prostate est une maladie silencieuse, sauf à son stade métastatique.
Des symptômes urinaires évoquent plutôt un adénome de la prostate, une pathologie bénigne d’autant mieux soignée qu’elle est prise en charge précocement : le médecin traitant est le premier interlocuteur à qui en parler.
On m’a prescrit des biopsies, l’examen est-il douloureux ?
Les prélèvements sont réalisés la plupart du temps par voie transrectale, sous anesthésie locale pour éviter la douleur. Il arrive que l’urologue soit contraint de réaliser les biopsies par voie transpérinéale (en piquant à travers le périnée). Cette procédure plus lourde nécessite alors le recours à une anesthésie locorégionale ou générale.
Les biopsies peuvent-elles provoquer des infections ?
La biopsie est un geste invasif qui peut provoquer une infection de la prostate (prostatite). Pour éviter les prostatites, les urologues de l’AFU recommandent le recours à une antibioprophylaxie en prise unique par voie orale, une à deux heures avant la réalisation de l’acte. Il est aussi conseillé d’avoir recours à un lavement du rectum qui contribue, de surcroît, à améliorer le confort de l’examen.
La prise en charge de mon cancer de la prostate va avoir des répercussions sur ma qualité de vie, alors pourquoi me soigner ?
La prise en charge du cancer de la prostate peut effectivement avoir des conséquences sur la qualité de vie :
Et puis, il faut tenir compte du fait que :
Comment la sécurité sociale prendra-t-elle en charge le suivi et les soins ?
Le diagnostic du cancer ouvre le droit à une prise en charge à 100 % dans le cadre de l’affection longue durée (ALD n°30 « Tumeur maligne, affection du tissu lymphatique ou hématopoïétique »).
L’exonération du ticket modérateur, d’abord prévue pour 5 ans, est reconductible si les traitements ,se poursuivent au-delà, ou si les séquelles liées à la maladie ou aux traitements nécessitent des soins.
De même, une récidive ou l’apparition de séquelles tardives dont le lien de causalité avec le ,traitement est établi, peut conduire à la reprise du régime de l’ALD
Conclusion
Spécialistes de l’appareil génital de l’homme, en première ligne dans la prise en charge des cancers de la prostate, les urologues sont attachés au développement d’une prise en charge personnalisée discutée avec le patient, et mise en œuvre, en relation avec le médecin généraliste, avec les collègues spécialistes qui interviennent à leurs côtés dans le suivi et les traitements.
La Journée Nationale de la Prostate est un rendez-vous essentiel, l’occasion de promouvoir l’information de tous les patients et de leur entourage, afin de donner à chacun les outils nécessaires pour s’engager, avec l’équipe médicale, dans son combat contre son cancer.
Source: Association Française d’Urologie