Mariana

   

Mariana, une quadragénaire issue de la haute bourgeoisie chilienne s’efforce d’échapper au rôle que son père, puis son mari, ont toujours défini pour elle.
Elle éprouve une étrange attirance pour Juan, son professeur d’équitation de 60 ans, ex-colonel suspecté d’exactions pendant la dictature.
Mais cette liaison ébranle les murs invisibles qui protègent sa famille du passé.
Jusqu’où Mariana, curieuse, insolente et imprévisible sera-t-elle capable d’aller ?

Un film de Marcela Said
Avec Antonia Zegers, Alfredo Castro, Rafael Spregelburd, Alejandro Sieveking, Elvis Fuentes, Juana Viale

Sortie dans les salles le 13 décembre 2017

Critique du film par Gonzalo Torrealba

Le titre en espagnol est « Los Perros », c’est à dire “Les Chiens”.

Mariana est une femme de la bourgeoisie chilienne. Elle est confrontée à la mémoire des horreurs du régime dictatorial de Pinochet, au travers de son professeur d’équitation, ex colonel suspecté d’exactions pendant la dictature. Comment va réagir cette femme éduquée et en recherche d’émancipation ?
On comprend qu’on va suivre Mariana, une femme de 40 ans, qui ne semble pas avoir quitté l’adolescence. Elle évolue dans une société chilienne riche et à l’abri du besoin, qui ne craint pas la société mais la façonne.
A travers son personnage, on voit se dessiner un Chili où le rôle de la femme est secondaire. Elle voit bien les manipulations dont elle est l’objet, mais ne change rien et n’essaie pas de bousculer son milieu. Son entourage est peuplé de macho-paternalistes infantilisant.
J’y ai vu une critique du retour à la démocratie à travers la constitution mise en place par Pinochet. La société sait les méfaits et les crimes qui ont été commis, mais préfère les passer sous silence de peur du changement ou de prendre conscience de sa lâcheté. Lâcheté et honneur traversent tout le film et les personnages que ce soit Mariana, son mari, son père ou le colonel.
Marcela Said nous décrit dans son film une société docile et satisfaite, qui refuse de voir son environnement changer quand tout l’y conduit et prétend défendre son honneur pour ne pas avouer sa lâcheté. Elle joue à nous montrer des points de vues sans nous donner l’impression de prendre parti. Chacun défend ses acquis et reste campé sur ses positions. Sommes-nous les chiens qui aboient ?
Je ne peux passer sur le cadrage, trop instable. J’ai été gêné dès le début du film par la caméra à l’épaule qui colle avec un point de vue documentaire tout en ne correspondant pas à la scène. On est tout de suite mal à l’aise, nauséeux, avec la sensation d’être dans un bateau.